Pauline Cordier

Tamis Misat

a text by Eleonora Del Duca

29.11.2020 - 22.01.2021

Geneva

Pictures Greg Clément

 

Tamis Misat se cache et se fait désirer. 

 

La porte principale franchie, ce n’est pas l’espace d’exposition que l’on découvre mais celui domestique. Pour l’atteindre, lui, il faut repérer le rideau de perles, s’en approcher toujours plus, et le traverser. Passage obligatoire, le rideau est tout à la fois sculpture et frontière. 

 

Et c’est là, à cet instant précis, une fois l’entrée perlée empruntée, que Tamis Misat se dévoile. 

 

Une lumière jaune irradie la pièce, tel un avertissement et un signalement. Aura fluorescente et mystique, elle accompagne les sculptures accrochées sur les murs de l’alcôve. Avec leurs surfaces parfois scintillantes et parfois mattes, leur aspect tour à tour lisse ou rugueux, les œuvres ont l’air de “quelque chose“. Ces formes abstraites, fantômes d’objets domestiques, viennent nous rappeler le lieu d’origine et les fonctions premières de l’espace qui nous entoure. Pourtant, elles restent irreconnaissables. Peut-être à cause des matériaux qui les composent ou éventuellement par les rayons jaunes qui viennent s’y refléter. Pauline Cordier joue avec notre perception, elle nous défie. Elle nous plonge dans les potentialités de chaque substance. Elle nous pousse à tirer des fils imaginaires pour saisir l’interdépendance qui se joue dans son installation. Une fois la lumière examinée, les formes déchiffrées, les matériaux appréhendés, alors nous avons expérimenté Tamis Misat. Seulement là, l’exposition se termine. Le voyage sensoriel prend fin. 

 

Non sans quitter la capsule temporelle. Non sans franchir, une dernière fois, les perles suspendues. 

Tamis Misat hides and makes itself wanted.

 

Having crossed the front door, we find ourselves in a domestic space. In order to truly enter the exhibition, we must first find the curtain of pearls, approach it and go through it. This compulsory gateway to the show is at once a sculpture and a frontier.

 

It is only then, at that precise moment, that Tamis Misat is unveiled. 

 

Like a warning, a fluorescent yellow light radiates throughout the alcove, its mystical aura enveloping the surrounding sculptures hanging on the walls. At times scintillating and at times mate, rough or shining, the works look like “something”... but what? These abstract forms, strange ghosts of everyday objects, remind us of the space we’re occupying and of its function. They remain, however, unrecognizable. Maybe it is because of what they are made of. Maybe it is the odd yellow light bouncing off from their surfaces. Pauline Cordier is playing with us, challenging our perception. She is showing us what a surface could be. We are forced to pull the strands of our imagination in order to seize the interdependence at work in her installation. Once we have examined the light, decrypted the forms and understood the materials, then, at last, have we experienced Tamis Misat. It is only then that the show is over. The sensory experienced has ended.

 

Not without exiting the time capsule. Not without crossing the pearls suspended in the air one last time. 

Eleonora Del Duca

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30.01-31.03.2021

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